Chronique des Soeurs du Bec : fin 2020 début 2021

OCTOBRE AU MONASTERE

Vendredi 9,  réunion  de  nos oblats pour leur retraite sur   « le  combat spirituel ».

Le 11, arrivée de sr Claude Mathilde  d’Abu Gosh, pour  ….  quelques jours qui deviendront un  bon mois du fait du Covid et des mesures de restriction tant du côté français qu’israélien, sans compter les tracasseries administratives qui mettront sa patience à l’épreuve !

Mgr Nourrichard,  notre Evêque nous fait la joie de s’arrêter en Communauté ; il nous parle du Diocèse, des séminaristes, et de l’assemblée des Evêques de Lourdes … qui se tiendra par visio conférence, privant les participants de toutes ces rencontres informelles si bienfaisantes. Après  vêpres avec nous, il  partage notre diner. 

Ce même soir est décrété le couvre feu, qui nous oblige à supprimer notre office de vigile à l’abbaye le samedi soir. Nous irons donc désormais à vêpres, que nos frères avancent à 17h, pour nous permettre d’être de retour  à 18h !

 Cette mesure gouvernementale  nous oblige à annuler le diner traditionnel au monastère à l’occasion de la « sainte Espérance », fête de Père Abbé. Nous le regrettons d’autant plus que Père Abbé doit remettre sa charge le 3 décembre, à 75 ans : nous l’inviterons  donc tout seul.

Séance TV exceptionnelle ce 18, pour écouter notre Président …. annoncer un confinement général ! Après consultation de la Préfecture, nous célébrerons la Dédicace –le 31 – et la Toussaint, comme d’habitude, solennellement avec nos frères, avant de nous plier aux directives officielles.

Toussaint 2020

Très petite assemblée  à l’Eucharistie, et  nos derniers hôtes nous quittent avant Vêpres. Nos frères ont reçu énormément de chrysanthèmes d’un ami horticulteur, et nous les partagent largement : notre cimetière n’aura jamais été autant fleuri !

Pour la Saint Martin, Mère prieure  nous propose  de  regarder ensemble « les saveurs du palais », que nous lui avions donné pour son anniversaire.

Père Abbé Paul Emmanuel

Mardi 24,  Nous invitons père Abbé Paul Emmanuel, et dégustons une superbe pièce montée faite par « Marie» notre cuisinière et son mari : une pièce montée en nougatine, avec mitre, crosse, et 75 !! 

 

La rencontre est ponctuée par  des poèmes de Marie Noël

A la fin du mois Valérie, notre postulante, qui rentre d’un temps de recul, nous dit ne pas se sentir capable de continuer son chemin parmi nous

cf. Règle de st Benoit, chapitre  58 : 

« Voici la Règle sous laquelle tu veux militer. Si tu peux l’observer, entre ; si tu ne le peux pas, tu es libre de te retier « 

Nous en sommes attristées, et elle aussi !   

DECEMBRE – L’HIVER COMMENCE 

Le 1er, Père Mark Ephrem vient nous informer  officiellement de la décision de notre Père Abbé Général, que la pandémie empêche de venir :

« Le Prieur claustral, le Père Claude Bunel assurera dans l’immédiat la « gouvernance » de l’Abbaye. »

Le 2, nous allons à  l’abbaye pour l’Eucharistie, présidée par notre Evêque qui  tenait à marquer sa proximité et sa prière dans cette étape que nous vivrons demain, frères et sœurs.

Le 3, Père Mark Ephrem vient célébrer l’eucharistie au monastère, et nous exhorte à la foi. Nous nous rendons à l’abbaye pour les vêpres, au cours desquelles Père Abbé Paul Emmanuel remet sa charge d’Abbé. Dans un silence impressionnant,  il dépose son étole, sa crosse, son anneau  et sa croix sur l’autel, en des gestes très sobres et signifiants …

Père Claude reçoit l’étole que  lui impose Père Mark Ephrem, et prend désormais  la tête des processions. Et nous entonnons le Veni Sancte Spiritus

( cf; site de l’abbaye)

https://abbayedubec.org/pere-abbe-remet-sa-charge/

Le matin  de ce même 3 décembre, sr Claude Mathilde nous  quitte aux aurores pour Roissy : elle peut enfin rejoindre nos sœurs d’Abu Gosh …. où elle devra d’abord rester confinée 14 jours !

Vendredi 11, à l’initiative de sr Antoinette, nous remplissons consciencieusement le questionnaire « Eglise verte » : occasion d’échanges animés sur ces questions d’écologie, et l’épineuse réalité du tri ! Mère Marie Placide rêve toujours de panneaux solaires ….

Le 17, entrée dans la semaine préparatoire à Noël. Après les Vêpres  solennelles à l’abbaye, nous dégustons salle de communauté une excellente  soupe à l’oignon, grâce à la patience de sr Joseph Marie qui en a épluché une bonne quantité cette semaine.

Le 24, Régis, notre salarié,  apporte salle Herluin un sapin que Mère Marie Placide  et sœur  Anne -Véronique décorent : nous aimons cette tradition.  Et dans l’oratoire, au pied de Marie, nous trouvons quantité de  cyclamens, jacinthes, primevères, azalées ….. offerts par Françoise et Philippe, des amis  de Mère Marie  Placide, pour  orner joyeusement chaque place au  réfectoire en ces jours de fête. 

 

 

 

Nous envoyons largement – par mail –  la carte de l’adoration des rois mages que sr Irène-Marie a réalisée :  « Tombant à genoux, ils se prosternèrent devant l’Enfant »( Mt 2,11)

Aux 1ères vêpres de Noël, Myriam, la fille de nos oblats assure l’entrée et la sortie avec son cor d’harmonie aux magnifiques sonorités. Le père Claude, seul organiste, ne pouvant assurer son service  et présider . Sr Marie Bénédicte accompagne donc ensuite les psaumes à la cithare.

Nuit de Noël sans hôtes, recueillie …. Et le 25, au pied du sapin et  du feu dans la cheminée, ouverture des cadeaux…. La « réserve » de chocolats  est assurée : merci à chacun ! 

Ce contexte  anxiogène « à  durée indéterminée » est fort peu festif ! Comme chacun, nous peinons de ne recevoir personne, d’avoir à nous « méfier » de toute rencontre…. ce qui nous semble fort peu évangélique !  Mais  nous avons conscience d’être très privilégiées, puisque l’essentiel de notre vie n’est  pas  atteint. Et   nous essayons de nous ancrer plus que jamais  dans la foi, de témoigner de notre Dieu qui « veille », même si nous ne comprenons pas très bien par  où Il nous mène.

Lundi 28, au milieu de l’après- midi, brutale tempête de neige, inhabituelle en Normandie : les paysages blanchissent somptueusement … Quelle merveille ! 

Jeudi 31, Mme Véronique Gazeau, professeur émérite d’histoire à l’université de Caen, nous présente l’ouvrage qu’elle vient de terminer avec frère Raphael : il s’agit de la réédition de la « vie d‘Herluin » par Gilbert Crespin, son disciple, que  Mère Marie Pascal avait traduite, et qui était épuisée. Mme Gazeau, frère Raphaël et Mr Jean – Hervé Foulon  ont ajouté quelques articles remettant un peu en cause les conclusions du Chanoine Porée dans ses ouvrages sur l’Abbaye  du  Bec. Son exposé nous passionne, et nous lui demandons de revenir nous partager ses autres sujets de recherches.

Le soir,  autour du feu, veillée de prière à partir de la lettre de notre pape François ouvrant l’année de st Joseph.

JANVIER

2021 commence bien sûr  par l’Eucharistie de la « Mère de Dieu » à l’Abbaye, avant de fêter l’Epiphanie 2 jours plus tard. Et ce 3 janvier, Père Michel Mallèvre vient déjeuner, puis il nous parle de ses nouvelles attributions de « socius » du Père provincial de la Province dominicaine de France.

Sr Marie Pascale  maintient sa session de  chant qui nous fait  grand bien.  Toujours prudente, elle s’est fait tester avant de venir … Elle nous fait travailler les voix, et nous permet de  mieux entrer dans le texte des hymnes qu’elle nous fait apprendre, en nous en  dévoilant l’écriture musicale

En janvier, arrive un énorme camion, et toute une  équipe avec des rouleaux de taille impressionnante d’isolant. Nous profitons de l’offre de l’Etat pour faire isoler les tuyaux de chauffage et d’eau chaude qui partent de la chaudière…. Mais la première opération   consiste ….. à supprimer l’existant, vétuste, qui part en poussières …. Au départ des ouvriers,  il faut commencer par aspirer, et aspirer encore, car le sous sol est habituellement un lieu  de rangements et de réserves  :  3 aspirateurs entrent en fonction de concert,  et on lave, et on rince …. Le sous sol tient ensuite – provisoirement ? – de la salle d’opération !

 Nos sœur de  Val de Rueil, recluses  dans leur appartement, nous demandent de les accueillir, et nous y consentons volontiers : dûment masquées, elles viennent partager notre Eucharistie, puis  déjeunent au monastère. Nous sommes très heureuses de les revoir… et réciproquement ! De même, nous acceptons au Vieux Moulin, un  petit groupe d’A bras ouverts, venant de Rouen,  qui bénéficiera d’un magnifique WE ensoleillé.

Dimanche  24, neige  pendant toute la matinée : à la sortie de l’Eucharistie, nos pas marquent dans la neige, ce qui est rare ici !  Et un  soleil radieux en début d’après-midi  nous offre des paysages étincelants de beauté et de lumière……

25, conversion de st Paul, et,  pour la fermeture de la semaine de prière pour l’Unité – sans personne – notre célébration s’inspire largement des propositions de la communauté de Grandchamp.

Temps doux, soleil éclatant : à midi, nous entendons, étonnées, les 1ers chants d’un oiseau qui sent le printemps proche !

 3 ans d’élection de mère prieure  = diner salle de communauté et  cadeau de 2  Puzzles de 1000 pièces, Manet et Breughel ; loisir silencieux s’il en est, et grande détente pour toutes celles qui s’y adonnent volontiers depuis le début du confinement.

Vendredi après-midi, nous regardons ensemble avec grand intérêt le récent documentaire  d’Arte sur l’Arche d’Alliance et les fouilles de Qyriat Yearim : passionnant ! Nous   en reparlons  à notre réunion du dimanche autour des ouvrages d’Israël Finkelstein que Sr Joseph Marie a ressortis. Nos sœurs d’Abu Gosh sont également en train de le regarder, elles qui sont sur place, et qui nous ont permis de découvrir ce lieu

Samedi 9 janvier , Mr Finet, notre maire, nous avait apporté le Permis de construire  pour  notre projet de travaux d’hôtellerie, rendu possible par la vente du monastère de notre petite fondation du Mesnil saint Loup, fermée fin 2018 par notre Père  Abbé Général. Les plans ont été approuvés par la communauté après  avoir été retoqués par l’architecte des bâtiments  de France, qui exige une « réhabilitation  à l’identique » (sic) des 2 granges que nous avions projet de reconstruire ….

Notre priorité reste cependant la construction   de notre unité communautaire,  que le Seigneur  attend de nous, pour témoigner de Son Amour. Et le Carême qui s’ouvre sera une « occasion favorable » !